Lombrives

12mar12


Sa Calobra

17fév12


Chardin

11jan12




Seurat

21avr11

Fréquente le musée,les réverbères, les berges, les foires, les bibliothèques mais emporte avec lui ses lustres et ses fontaines.Élève sérieux, sur les traces du génie. Traits réguliers, habitudes régulières, compagne régulière et quelques utilités passagères emmenées, au mois d’août, pour les reprises, la cuisine et le lit. Sobriété exemplaire. Façade austère, accès interdit. Exclut toute jovialité, toute confidence. Surmené. Ne parle jamais, ou parle science et chimie. Ses proches, enfin, ceux qui l’approchent, le comparent à un grenadier, mais ultra sensible, à un saint-Georges, mais notaire.Ils vantent sa modestie, sa courtoisie et ne nous apprennent, en somme rien sur lui. Personnage légendaire, absent, décourageant. Espace idéal, bibliographie idéale : à chaque page, on inscrirait <Néant>.

Georges Duthuit- La griffe du nombre

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Après dix ans de travail sur un mystérieux tableau que personne n’a vu, et censé parachever le génie de sa pensée picturale, Frenhofer, le peintre fictif du « Chef d’œuvre inconnu » de Balzac, invite ses deux apprentis à venir prendre connaissance de son chef d’œuvre. Le résultat déconcertant prend la forme d’un enchevêtrement de lignes et de masses colorées, muraille, un chaos de peinture indécodable, duquel les apprentis peuvent, à force de scruter la surface, voir un pied de femme magnifique émerger. Le pied est le seul vestige d’un rapport au réel que le combat livré par l’artiste aura laissé.

C’est en partant de cette attention portée au détail et de la compréhension qu’il peut apporter à l’ensemble de l’œuvre que s’est développée la série « Hommage à Frenhofer ».birds-007550-copy2

Pour réaliser cette série, un appareil photo a été fixé au plafond de l’atelier, en un point fixe, captant 3m2 du sol où l’artiste travaille. Sur le sol, la composition en constante évolution est réalisée comme un grand collage à caractère éphémère fabriqué essentiellement de journaux, d’apparitions d’objets et de meubles, de trajectoires changeantes du soleil et de la présence du peintre, sorte de mise en scène improvisée à partir de très peu.

De plus, l’utilisation d’un appareil de très haute définition pour la prise de vue de ces 1200 clichés réalisés à intervalles réguliers, crée une tension en regard de la pauvreté du matériau photographié, et nous rappelle la problématique de la pérennité et de la valeur marchande des œuvres d’art.

Ces nombreux clichés photographiques marquent les différentes mutations que l’artiste fait subir à cette même composition picturale de départ. La question du visible en constante transformation et la notion d’incommunicabilité, telle qu’exposée dans la nouvelle de Balzac, s’expriment dans la multitude des recoupements entre ces re-compositions dont les superpositions d’objets, les effets de transparence et le montage des clichés sont autant d’outils faisant passer l’acte de peindre dans l’œil de la caméra.




Il est situé non loin de Woedolor Mountain, en Nouvelle-Angleterre. En vous dirigeant vers l’est, dès que vous avez quitté les fermes étincelantes et les pâturages ensoleillés, assoupis sous l’herbe odorante des premiers jours de juin, vous pénétrez sur les pentes de lugubres collines. Celles-ci se referment progressivement sur un défilé ténébreux, lequel, à cause du violent Gulf Stream d’air qui ne cesse de s’engouffrer entre ces murailles fendues de roc décharné, à cause aussi d’une rumeur qui court, selon laquelle la chaumière d’une vieille fille folle se serait dressée par ici il y a bien longtemps, s’appelle Soufflet de la Vierge Folle.

Une étroite et dangereuse route carrossable serpente tout au fond de la gorge et occupe le lit d’un ancien torrent. En suivant cette route jusqu’à son point le plus élevé, vous êtes pour ainsi dire dans un vestibule dantesque. Du fait de l’à-pic des murs à cet endroit, de leur étrange teinte d’ébène et de la soudaine contraction de la gorge, cet endroit particulier s’appelle l’Entaille Noire. Le ravin s’abaisse alors et s’ouvre en un grand trou pourpre ayant la forme d’une trémie qui s’enfonce profondément entre de nombreuses montagnes plutoniennes couvertes de forêts touffues. Les gens de la campagne appellent cet endroit le Donjon du Diable. De toute part la rumeur des torrents vient frapper l’oreille. Ces eaux rapides finissent par s’unir en un cours d’eau bourbeux de couleur brique qui glisse en bouillonnant dans une reillère entre d’énormes rochers. Les gens nomment cet étrange torrent la Rivière de Sang. Ayant atteint un sombre précipice le cours d’eau tourne brusquement vers l’ouest et après un bond furieux de soixante pieds jusque dans les bras d’une forêt chétive de sapins grisâtres il continue sa course tourbillonnante vers de basses terres invisibles.

Herman Melville- Le Tartare des vierges


Conséquences lyriques- Québec-Amérique septembre 2010

Fellini disait que la matière première de ses films était le temps. Il n’y a qu’à penser à ces moments où ses personnages sont plongés dans l’obscurité et où une musique burlesque se met à jouer en sourdine. Ou lorsque le vent souffle avant le générique et que l’on ressent soudainement, nous aussi, le besoin d’ouvrir une porte et de marcher dans la nuit. Le temps humain est une expérience affective. L’espace aussi.

C’est comme lorsque vous êtes sur le point de vous endormir et que vous sentez tout votre corps s’écailler, puis perdre peu à peu sa consistance et devenir impersonnel – et que vous vous promenez sous une petite averse au milieu de votre salon en vous demandant d’où provient cette grande horloge qui appartient au passé – on ne voit plus d’horloge aujourd’hui – j’en cherchais une dernièrement dans un aéroport – puis, sans transition, vous êtes couché sur le dos, vous relevez la tête pour regarder le panneau Hollywood sur le Mont-Royal…

Pierre Yergeau


Templum

14nov09




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